Le gouvernement burkinabè adopte cinq mesures stratégiques en conseil des ministres pour renforcer l’inclusion financière, les infrastructures et la souveraineté économique.
Le Conseil des ministres du jeudi 19 février 2026 a validé cinq rapports d’envergure au compte du ministère de l’Économie et des Finances. À travers ces mesures, les autorités burkinabè tracent une ligne stratégique claire, axée sur l’inclusion financière, le désenclavement des territoires, la mobilisation des ressources internes, la souveraineté minière et la relance industrielle ferroviaire.
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Derrière la portée technique des textes adoptés, se profile une ambition commune : bâtir une économie plus robuste, inclusive et tournée vers une transformation durable.
Un appui financier de la Banque Ouest-africaine de développement
Le premier rapport concerne une ordonnance autorisant la ratification d’un accord de prêt signé le 4 décembre 2025 entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement (BOAD). Ce financement s’inscrit dans la troisième phase du Projet de promotion de la finance inclusive (PPFIP), dont le coût global s’élève à plus de 44 milliards de francs CFA, avec une contribution de 12,250 milliards de la BOAD.
Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables. Il ambitionne notamment de faciliter l’accès aux services financiers via les institutions de microfinance, de renforcer la résilience sociale et d’encourager le développement de solutions financières adaptées. Les femmes rurales, les jeunes actifs, les agriculteurs, les artisans et les PME figurent parmi les principaux bénéficiaires.
Dans un contexte économique et sécuritaire fragile, l’inclusion financière s’impose comme un levier essentiel pour soutenir la stabilité sociale et dynamiser l’activité économique.
Désenclavement stratégique avec la RN22
Le deuxième rapport porte également sur un accord de prêt conclu avec la BOAD, d’un montant de 10 milliards de francs CFA. Il est destiné au financement du tronçon Yargo-Bourzanga, dans le cadre du projet d’aménagement de la route nationale n°22 reliant Kongoussi à Djibo.
Ce chantier revêt un enjeu majeur. Au-delà de l’amélioration des infrastructures, il participe à la réponse à la crise sécuritaire et humanitaire dans la zone sahélienne. Une route accessible toute l’année facilite l’acheminement de l’aide, favorise la mobilité et relance les échanges commerciaux.
Le désenclavement constitue ainsi un levier clé pour la reconstruction économique et la cohésion territoriale.
Optimisation des recettes publiques
Le troisième rapport concerne l’adoption d’un décret encadrant la perception de recettes liées aux prestations de certaines structures du ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle.
Ces recettes concernent notamment les autorisations administratives, les frais d’examens, la délivrance de duplicatas ou encore les services pédagogiques. L’objectif est de mieux structurer la collecte et de renforcer les ressources propres de l’État.
Dans un contexte de pression budgétaire, cette mesure s’inscrit dans une logique de rigueur, de transparence et d’efficacité dans la gestion publique.
Souveraineté minière renforcée autour de Kiaka
Le quatrième rapport valide une augmentation de la participation de l’État burkinabè dans le capital de la société KIAKA SA, située à Gogo, dans la région du Nazinon. Cette décision porte désormais la part de l’État à 40%.
En renforçant sa présence dans ce projet minier stratégique, l’État entend accroître ses revenus, consolider son contrôle et garantir une meilleure redistribution des richesses issues de l’exploitation.
Cette orientation traduit une volonté affirmée de renforcer la souveraineté sur les ressources naturelles, dans un secteur clé de l’économie nationale.
Relance industrielle avec Faso Rails
Enfin, le cinquième rapport porte sur la déclaration d’utilité publique du site destiné au complexe industriel ferroviaire de la société Faso Rails.
Implanté à Bobo-Dioulasso, sur une superficie de plus de 59 hectares, ce projet vise à développer une industrie locale de fabrication et de pose de rails. La sécurisation du foncier permettra de garantir la réalisation des infrastructures prévues.
Ce projet incarne une ambition industrielle forte : réduire la dépendance extérieure et structurer une véritable filière ferroviaire nationale.
Une stratégie économique cohérente
À travers ces cinq décisions, le gouvernement burkinabè met en avant une vision économique structurée autour de trois axes majeurs : inclusion financière, infrastructures structurantes et souveraineté économique.
À cela s’ajoute un effort accru de mobilisation des ressources internes, dans une logique de consolidation des finances publiques et de transformation durable de l’économie nationale.




