Société




Burkina Faso : la CNSS découvre de nombreux travailleurs non déclarés dans les débits de boissons

Une opération spéciale de contrôle menée par la CNSS révèle de nombreux cas de travailleurs non déclarés dans les débits…

Une opération spéciale de contrôle menée par la CNSS révèle de nombreux cas de travailleurs non déclarés dans les débits de boissons. Dans les caves et maquis contrôlés, le constat se ressemble d’un établissement à l’autre. Plusieurs travailleurs exercent sans être déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Le vendredi 4 septembre 2026, le directeur général de la CNSS, Dr Herman Yacouba Nacambo, a personnellement participé à la tournée. La délégation s’est rendue à Koudougou, Kokologho, Tanghin-Dassouri et Ouagadougou pour vérifier la situation des établissements et de leurs employés.

À Koudougou, dans le quartier Burkina, la première étape est la cave de la Paix. L’établissement compte 35 employés, selon les informations communiquées sur place. Pourtant, une seule personne est déclarée à la CNSS. La responsable est alors rappelée à ses obligations en matière de sécurité sociale.

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La délégation poursuit sa tournée à la cave Yam-Rasmata. Entre 12 et 18 travailleurs y sont employés. Elle se rend ensuite au maquis « La Paillote Yambi », où 34 personnes travaillent. Aucun de ces employés n’est déclaré à la CNSS.

Le constat se répète au maquis « Royaume des Stars Plus ». Jérôme Nikiema, qui en assure la gestion depuis environ deux ans, évoque un effectif d’une soixantaine de travailleurs. Là encore, aucun employé n’est déclaré à la caisse. Après les échanges avec les agents de la CNSS, le responsable assure que l’établissement compte engager rapidement les démarches nécessaires à sa régularisation.

Pour le directeur général de la CNSS, ces opérations ne se limitent pas à rechercher les infractions. L’institution veut aussi expliquer les obligations aux employeurs et les accompagner dans leur mise en conformité.

« Cette sortie répond à notre volonté de sensibiliser les tenanciers des caves, des maquis et des débits de boissons sur leurs obligations vis-à-vis de la CNSS », explique Dr Herman Yacouba Nacambo.

Les équipes vérifient notamment l’affiliation des établissements, la déclaration des travailleurs dans les délais requis et le paiement effectif des cotisations sociales. Les premiers constats montrent toutefois l’ampleur du travail à accomplir.

« Nous avons constaté, malheureusement, beaucoup de situations dans lesquelles les travailleurs ne sont pas déclarés. Il y a aussi des cas où certains travailleurs sont déclarés, mais où les cotisations ne sont pas payées », relève le directeur général.

Face à cette situation, la CNSS entend renforcer sa présence auprès des acteurs du secteur. « C’est un secteur dans lequel nous devons amplifier nos actions, parce qu’il y a encore beaucoup d’incompréhension. Il y a même beaucoup d’acteurs qui ignorent tout de la législation », estime-t-il.

Les échanges avec les responsables d’établissements montrent aussi que la sensibilisation commence à produire une prise de conscience. À la cave de la Paix, la gérante Natacha Guissou dit avoir compris l’importance de déclarer ses employés. Elle associe cette démarche à la protection sociale dont peuvent bénéficier les travailleurs.

« Ce que j’ai retenu, c’est qu’on doit régulariser tout le monde, peu importe la situation, afin que les travailleurs puissent bénéficier de la protection de la CNSS », confie-t-elle. Elle évoque notamment les accidents du travail et les situations liées à la maternité. Elle appelle ainsi les autres employeurs à régulariser leurs travailleurs.

À la cave Yam-Rasmata, Alfred Kangambega, frère du propriétaire, accueille également favorablement l’initiative. « Souvent, il faut ces sensibilisations pour qu’on puisse comprendre. Ce que j’ai appris avec la CNSS, c’est qu’elle est une entité qui protège tous les travailleurs », retient-il.

Même réaction au maquis « La Paillote Yambi ». Pour son manager, Romain Kodibi, la collaboration avec la CNSS doit permettre aux établissements de mieux protéger leurs travailleurs. « J’invite mes frères managers et les gérants des maquis à collaborer avec la CNSS. J’ai compris qu’ils sont là pour notre protection et pour nous faire avancer », déclare-t-il.

Le manager souligne par ailleurs les particularités du travail dans ces établissements, notamment ceux qui fonctionnent la nuit. Il invite donc ses collègues à faciliter le dialogue avec les équipes de la CNSS.

À travers cette opération, l’institution entend ainsi poursuivre le contrôle du secteur tout en encourageant les employeurs à se mettre en règle. Pour la CNSS, l’enjeu dépasse le simple respect des obligations administratives : il s’agit aussi de garantir aux travailleurs une couverture sociale.

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