Face aux défis croissants liés au changement climatique, le Burkina Faso a choisi de placer la gestion durable de l’eau au cœur de sa stratégie de développement. Réuni au Forum africain sur l’eau 2026 à N’Djaména, le gouvernement burkinabè a présenté les principales réformes engagées pour renforcer la sécurité hydrique du pays, en misant sur les infrastructures, l’irrigation et une coopération régionale accrue.
Prenant la parole lors d’un panel de haut niveau, le ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, Amadou Dicko, a rappelé les contraintes auxquelles fait face le Burkina Faso. Pays sahélien, le territoire ne bénéficie que de trois à quatre mois de pluies par an, une situation aggravée par la variabilité climatique et les effets du changement climatique, qui fragilisent durablement les ressources en eau.
Selon le ministre, cette rareté, conjuguée au coût élevé de mobilisation des eaux souterraines, limite le développement de secteurs essentiels comme l’agriculture, l’élevage, la pêche et d’autres activités productives. Face à ces enjeux, les autorités ont engagé une profonde réforme de la gouvernance des ressources hydriques afin d’assurer une meilleure valorisation de cette ressource stratégique.
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Dans cette dynamique, le gouvernement a notamment créé l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH). Cette nouvelle structure s’inscrit dans un vaste programme comprenant également la réhabilitation et le curage des barrages existants, ainsi que la construction de nouvelles infrastructures destinées à accroître les capacités nationales de stockage des eaux de surface.
Ces investissements doivent permettre de développer les périmètres irrigués, de sécuriser l’abreuvement du cheptel, de soutenir les activités halieutiques et d’améliorer l’accès des populations à l’eau potable, tout en renforçant la résilience du pays face aux aléas climatiques.
Amadou Dicko a également rappelé que le droit à l’eau est désormais inscrit dans la Constitution burkinabè, traduisant la volonté des autorités de faire de cette ressource un levier de développement et un droit fondamental. Il a souligné que les politiques publiques ne se limitent plus à étendre la couverture des services, mais accordent désormais une attention particulière à leur qualité, leur continuité et leur durabilité.
En clôturant son intervention, le ministre a lancé un appel aux États africains pour renforcer leur coopération autour de la gestion des ressources hydriques. Il a plaidé pour un partage accru des expériences et le développement de projets communs, estimant qu’une gestion durable de l’eau constitue l’un des principaux leviers pour garantir la sécurité alimentaire, renforcer la résilience climatique et soutenir le développement durable sur le continent.




