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Mali : une vaste opération d’immatriculation des motos et tricycles pour renforcer le contrôle du territoire

À partir du 15 juin 2026, les propriétaires de motos et de tricycles non immatriculés seront appelés à régulariser leur…

À partir du 15 juin 2026, les propriétaires de motos et de tricycles non immatriculés seront appelés à régulariser leur situation. Dans un contexte marqué par le renforcement des mesures sécuritaires, le gouvernement malien a annoncé le lancement d’une opération spéciale d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère des Transports et des Infrastructures fait le constat d’un nombre important d’engins circulant sur la voie publique sans immatriculation et invite leurs propriétaires à se conformer aux règles en vigueur. Pour mener cette campagne, la Direction générale des Transports, ses services régionaux et subrégionaux ainsi que plusieurs centres dédiés seront mobilisés à travers le pays.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre réglementaire déjà établi. L’arrêté n°2023-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 prévoit que tout véhicule automobile, matériel roulant agricole, engin de travaux publics ou miniers, motocyclette, tricycle ou quadricycle doit être doté d’un numéro d’immatriculation figurant sur un certificat valable cinq ans.

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Depuis septembre 2024, le Mali a d’ailleurs engagé une réforme de ses plaques d’immatriculation. Les nouvelles plaques intègrent désormais la carte du Mali, les couleurs nationales, le sigle international « ML » ainsi que des indications permettant d’identifier la région, le cercle ou, dans le cas de Bamako, l’arrondissement de résidence du propriétaire. Selon les données de la Direction générale des Transports, 24 963 véhicules avaient déjà été immatriculés ou réimmatriculés entre le 22 septembre 2024 et le 28 février 2025.

L’enjeu dépasse le simple cadre administratif. Le marché malien des motocyclettes connaît une forte expansion. D’après les statistiques de Comtrade reprises par la Banque mondiale, la Chine a exporté vers le Mali environ 140 493 motos en 2024, pour une valeur estimée à 64,1 millions de dollars. Le pays asiatique devance le Togo, l’Indonésie et l’Inde parmi les principaux fournisseurs d’un marché où les motos et les tricycles occupent une place essentielle dans les transports urbains, ruraux et les activités commerciales.

L’annonce de cette opération intervient dans un contexte de durcissement des règles encadrant ces moyens de transport. Une semaine auparavant, les autorités avaient publié deux arrêtés interministériels datés du 3 juin, limitant l’usage et la commercialisation de certaines motocyclettes.

Le premier suspend, pour une durée d’un an renouvelable, l’importation, le transit, la vente, la commercialisation et la distribution gratuite des motos de 125 cm³ et plus, ainsi que de leurs accessoires. Les commerçants disposent d’un délai de 90 jours pour déclarer les stocks et les commandes en cours.

Le second arrêté interdit la circulation des motos de cette catégorie en dehors des grandes agglomérations. Selon les autorités maliennes, ces engins sont régulièrement utilisés par des groupes armés pour leurs déplacements dans les zones rurales et les espaces difficiles d’accès.

Confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire persistante, le Mali poursuit ainsi sa stratégie de contrôle des moyens de mobilité. Les attaques coordonnées du 25 avril ont conduit les autorités à renforcer la surveillance de plusieurs secteurs jugés sensibles.

Pour les usagers, cette nouvelle campagne d’immatriculation représente désormais un défi d’adaptation. Il leur faudra concilier les exigences de traçabilité sécuritaire imposées par l’État avec la nécessité de préserver l’accès aux services administratifs et la continuité des activités économiques qui reposent largement sur les deux et trois roues.

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