À l’approche de la rentrée académique 2026-2027, les universités publiques burkinabè semblent avoir tourné une page importante. Le 7 septembre 2026 à Ouagadougou, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, a annoncé un taux de normalisation de 99,69 % des filières. L’objectif désormais affiché est d’atteindre les 100 % d’ici au 21 septembre.
Une seule filière reste encore concernée par le décalage académique sur les 321 recensées. Il s’agit de la filière pharmacie de l’université Joseph-Ki-Zerbo, dont les stages doivent être finalisés pour permettre de compléter la normalisation. « Dès la rentrée académique 2026-2027, nous aurons une normalisation complète des années académiques », a assuré le ministre lors de sa conférence de presse.
Le niveau atteint aujourd’hui traduit une progression importante en quelques années. Au 31 août 2026, le taux de normalisation s’établissait à 99,69 %, contre 92,52 % au 30 septembre 2025. Il était auparavant de 81,31 % en octobre 2024 et seulement de 50,47 % en octobre 2023. Cette évolution intervient après plusieurs années de difficultés dans l’enseignement supérieur. Selon Adjima Thiombiano, les retards académiques avaient commencé à apparaître dès 2008. La situation s’était ensuite aggravée avec l’introduction du système Licence-Master-Doctorat (LMD) en 2010.
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En 2023, certaines universités cumulaient ainsi des retards allant de trois à plus de trente mois. Dans certains cas, trois promotions se retrouvaient au même niveau. Les étudiants pouvaient alors consacrer cinq à six années à l’obtention d’une licence prévue pour trois ans. Face à cette situation, plusieurs tentatives avaient été engagées sans permettre de régler durablement le problème.
Le ministre situe le véritable changement en 2023, avec la mise en œuvre d’une réponse globale à travers le livre blanc. La stratégie a reposé sur plusieurs leviers. Les autorités ont notamment travaillé à assainir les statistiques et à renforcer le suivi des activités académiques. La plateforme « Campus Faso » a également été intégrée au dispositif. À cela se sont ajoutés le recrutement d’enseignants-chercheurs et le paiement progressif des dettes académiques.
Pour Adjima Thiombiano, cette démarche s’est aussi accompagnée d’un changement dans la discipline collective au sein des universités. « Nous avons instauré l’ordre et la discipline pour tous les acteurs. Chacun se posait désormais la question : Que puis-je faire pour mon université, pour mon pays ? », a-t-il expliqué. Le ministre a également salué l’engagement de plusieurs acteurs dans ce processus. Il a rendu hommage au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, au Premier ministre et à l’ensemble du gouvernement.
Il a surtout mis en avant les enseignants-chercheurs ayant sacrifié leurs vacances sans contrepartie financière. Les étudiants ayant suivi des cours jusqu’à 23 heures ont également été cités. « Aujourd’hui, ce sont véritablement nos héros », a déclaré le ministre. Pour éviter que les universités ne renouent avec les retards du passé, le département entend désormais consolider les acquis.
Adjima Thiombiano mise d’abord sur une vigilance accrue et un suivi rigoureux des activités académiques. Il annonce également la mise en place d’un conseil d’établissement élargi pour anticiper les difficultés. Le recrutement d’enseignants doit se poursuivre, tandis que l’enseignement supérieur doit progressivement s’orienter davantage vers la professionnalisation.
Le ministre n’exclut pas non plus le recours à des sanctions lorsque cela sera nécessaire. L’enjeu est désormais de transformer le taux de 99,69 % en normalisation complète et surtout de maintenir les universités publiques dans ce rythme. Pour le gouvernement, la rentrée 2026-2027 doit ainsi s’ouvrir sur un système universitaire enfin aligné sur son calendrier académique.




