Fraude




Faux billets Burkina Faso : les Douanes saisissent 60 millions de FCFA en monnaie contrefaite dans un bus à destination de Ouagadougou.

Le contrôle d’un bus de transport en commun a conduit les Douanes burkinabè à une découverte pour le moins préoccupante.…

Le contrôle d’un bus de transport en commun a conduit les Douanes burkinabè à une découverte pour le moins préoccupante. Jeudi 13 août 2026, la Direction générale des Douanes a révélé la saisie de 12 kilogrammes de faux billets représentant une valeur nominale de 60 millions de francs CFA. Les coupures contrefaites étaient dissimulées dans un carton présenté comme contenant un « objet fragile ».

L’affaire remonte au 23 juillet, lorsque le bus, un Yutong immatriculé AS 8876 E-GH, avait été intercepté à Tenkodogo. Après les premières vérifications, les services douaniers avaient décidé de transférer le véhicule à Ouagadougou pour des contrôles complémentaires. Mais le trajet devait connaître un contretemps. Le bus est tombé en panne à Toécé, à environ 80 kilomètres de la capitale.

Le 25 juillet, il a alors été placé sous la garde de la gendarmerie et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de Toécé. Une fois réparé, il a finalement rejoint la Direction générale des Douanes le 31 juillet. C’est à ce moment que les agents ont procédé à une fouille approfondie des différents colis transportés. Parmi eux, un carton portant la mention « objet fragile » a particulièrement retenu leur attention.

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À l’intérieur se trouvaient des billets de 5 000 francs CFA. Les appareils de contrôle des Douanes ont rapidement établi qu’il s’agissait de fausses coupures. Au total, 12 kilogrammes de monnaie contrefaite ont été retirés de la circulation, pour une valeur nominale de 60 millions de francs CFA. Pour les autorités douanières, la découverte est d’autant plus préoccupante que l’introduction de fausse monnaie dans le circuit économique peut avoir des conséquences importantes.

La fouille ne s’est toutefois pas limitée aux billets contrefaits. Les agents ont également découvert plusieurs produits prohibés. Parmi les marchandises saisies figurent 99 plaquettes de Tapentadol, représentant trois kilogrammes et évaluées à 2 044 350 francs CFA. Les Douanes ont également retrouvé 360 plaquettes de Vasilium, d’un poids total de dix kilogrammes, pour une valeur estimée à 960 000 francs CFA. Dix boules de chanvre indien, pesant cinq kilogrammes, ont aussi été saisies. Leur valeur est estimée à 600 000 francs CFA.

À ces marchandises s’ajoutent le bus lui-même, évalué à 10 millions de francs CFA, ainsi qu’une déclaration IM8 datée du 22 juillet 2025 portant sur 761 colis divers, estimés à deux millions de francs CFA. L’ensemble représente une valeur marchande intérieure de 75 604 350 francs CFA, en incluant le véhicule et les marchandises concernées. Mais derrière cette importante saisie se pose désormais la question de l’origine et des propriétaires des produits découverts.

Le convoyeur avait expliqué aux agents que le bus transportait différentes marchandises. En revanche, lorsqu’il lui a été demandé d’identifier les propriétaires des produits prohibés, il n’aurait pas été capable d’apporter une réponse précise. Le propriétaire du véhicule, A.A. Tall, de nationalité malienne, s’est présenté pour fournir des explications. Il rejette toutefois toute responsabilité dans le transport des produits saisis.

Les enquêteurs devront donc reconstituer le parcours des marchandises, déterminer dans quelles circonstances elles ont été chargées et identifier leurs véritables propriétaires. Une mission qui pourrait être rendue plus difficile par l’absence du convoyeur et de l’apprenti. D’après les éléments communiqués par les Douanes, le propriétaire du bus les aurait renvoyés avant que la découverte des faux billets ne soit effectuée.

Pourtant, leur témoignage pourrait s’avérer déterminant pour comprendre les conditions dans lesquelles les colis ont été embarqués. Face à ces interrogations, le directeur général des Douanes, Dr Yves Kafando, a annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire. « Nous entendons ouvrir une procédure judiciaire », a-t-il déclaré, précisant que les faux billets et les produits prohibés seront conservés comme éléments matériels avant leur transmission au procureur.

Le responsable a également salué le professionnalisme des agents mobilisés dans cette opération. Il leur a demandé de maintenir un niveau de vigilance élevé face aux méthodes utilisées par les réseaux de fraude et de contrebande. Cette saisie met ainsi en lumière les enjeux liés au contrôle des marchandises qui circulent sur le territoire burkinabè. Elle rappelle surtout que derrière les trafics de produits prohibés se trouve également un risque plus large pour l’économie nationale, comme l’illustre la découverte de ces 60 millions de francs CFA en fausse monnaie.

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