AES




À Bamako, l’AES resserre les rangs diplomatiques et dénonce les menaces contre ses États membres

À Bamako, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont affiché une volonté commune…

À Bamako, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont affiché une volonté commune : renforcer davantage l’unité de la Confédération des États du Sahel (AES) et affirmer sa voix sur la scène internationale. Réunis samedi dans la capitale malienne, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet confédéral, en adoptant plusieurs mesures destinées à approfondir la coordination diplomatique du bloc sahélien.

Autour de la même table, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui présidait les travaux, son homologue malien Abdoulaye Diop et le Nigérien Bakary Yaou Sangaré ont passé en revue les avancées du pilier Diplomatie de la Feuille de route de l’An II de l’AES. Au terme des échanges, un cap clair a été fixé : permettre à la Confédération de porter des positions harmonisées sur les grands dossiers régionaux et internationaux et de parler d’une seule voix dans les enceintes diplomatiques.

Les ministres se sont félicités du cadre de concertation déjà mis en place entre les trois États, estimant qu’il a contribué à rapprocher leurs positions sur les questions d’intérêt commun. Dans cette dynamique, ils ont plaidé pour un renforcement des synergies entre les représentations diplomatiques et consulaires des trois pays à travers le monde. L’ambition est désormais d’aller plus loin, notamment avec la poursuite des réflexions autour d’une carte diplomatique confédérale qui permettrait à l’AES de disposer d’une représentation plus cohérente et plus efficace sur la scène internationale.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Cette volonté de coordination s’étendra également aux grands rendez-vous multilatéraux. Les trois pays ont ainsi décidé d’harmoniser leurs positions en vue de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue en septembre 2026 à New York, un rendez-vous que les responsables de l’AES considèrent comme une occasion majeure de faire entendre la voix du Sahel.

Les ministres ont également salué les progrès réalisés dans la construction institutionnelle de la Confédération, marqués par la ratification et l’entrée en vigueur de plusieurs instruments juridiques destinés à consolider l’architecture du bloc.

Mais au-delà des questions diplomatiques, la rencontre a aussi été marquée par de vives préoccupations sécuritaires. Les responsables ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« actions terroristes et de déstabilisation » visant les États membres de l’AES. Dans leur communiqué final, ils ont condamné des manœuvres attribuées à des groupes terroristes soutenus, selon eux, par des acteurs étatiques étrangers cherchant à freiner la dynamique confédérale.

Les ministres ont notamment évoqué l’attaque menée le 25 avril 2026 contre les institutions de la transition au Mali ainsi que la tentative d’incursion contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey le 18 juin dernier. Dans les deux situations, ils ont salué la réaction des forces de défense et de sécurité ainsi que la mobilisation des populations, présentées comme des facteurs déterminants face aux menaces.

Sur le terrain de l’information, les trois pays ont également dénoncé des campagnes de désinformation et de manipulation qu’ils attribuent à certaines puissances étrangères et à des médias internationaux. Pour y répondre, ils ont annoncé leur volonté de renforcer la coopération entre leurs structures nationales de communication afin de mieux coordonner leur stratégie et contrer les discours jugés hostiles à la Confédération.

En conclusion de leurs travaux, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la consolidation de l’espace AES. Dans la continuité des orientations fixées par les chefs d’État des trois pays, ils ont assuré leur détermination à œuvrer pour le renforcement de la souveraineté, de la sécurité et du développement des peuples du Sahel, dans un contexte régional marqué par de nombreux défis mais aussi par la volonté affichée de construire un destin commun.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP