Le gouvernement malien a examiné son cadre budgétaire 2027-2029 avec des projections économiques et fiscales ambitieuses.
Réuni en Conseil des ministres le 10 juin 2026, le gouvernement malien a examiné une communication écrite portant sur le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2027-2029. Ce cadre stratégique, qui sert de référence à l’élaboration des futurs projets de loi de finances, retient une croissance réelle moyenne de 6,5 % ainsi qu’un coût annuel moyen de l’action gouvernementale estimé à 4 382,9 milliards de FCFA.
Ce document de planification définit les hypothèses économiques, les perspectives de recettes, les charges prévisionnelles, les objectifs d’équilibre budgétaire et les priorités de financement public sur un horizon d’au moins trois ans. Il s’inscrit dans la mise en œuvre de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » ainsi que de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033, selon le communiqué du Conseil des ministres.
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Dans ses projections, l’exécutif mise sur une dynamique économique soutenue, portée notamment par une amélioration attendue de la situation sécuritaire, la poursuite des réformes structurelles et une meilleure mobilisation des ressources internes. Sur cette base, la croissance réelle moyenne est fixée à 6,5 % sur la période 2027-2029.
L’un des axes majeurs du cadrage repose sur le renforcement de la pression fiscale. Le gouvernement ambitionne un taux moyen de 14,6 % sur la période, avec une progression graduelle allant de 13,9 % en 2027 à 14,7 % en 2028, puis 15,1 % en 2029. Cette évolution traduit la volonté des autorités de consolider les recettes de l’État dans un contexte où le financement public dépend largement de la performance des régies financières, de l’élargissement de l’assiette fiscale et de l’amélioration du recouvrement.
Le coût global de mise en œuvre des politiques publiques sur la période est évalué à 4 382,9 milliards de FCFA en moyenne annuelle. Ce niveau de dépenses reflète l’ampleur des besoins de financement du pays, entre exigences sécuritaires, investissements en infrastructures, programmes sociaux et poursuite des réformes économiques.
Cette projection intervient dans la continuité de la loi de finances 2026, qui prévoit 3 057,8 milliards de FCFA de recettes budgétaires pour 3 578,2 milliards de FCFA de dépenses, soit un déficit dépassant 520 milliards de FCFA. Ces chiffres donnent un aperçu des contraintes budgétaires actuelles et éclairent les ambitions du futur cadrage, fondé sur une croissance plus robuste et une augmentation progressive des ressources fiscales.
Conformément à la loi organique relative aux lois de finances adoptée en août 2025, ce document fera également l’objet d’un débat d’orientation budgétaire. Cette étape institutionnelle permettra d’examiner les grandes lignes de la politique budgétaire avant la préparation du projet de loi de finances.
À Bamako, l’équation reste délicate : soutenir la croissance, renforcer la mobilisation des recettes, contenir les dépenses publiques et financer les priorités nationales. La réussite de cette trajectoire dépendra de plusieurs facteurs, dont l’évolution de la situation sécuritaire, la performance du secteur agricole, les recettes minières, le dynamisme du commerce, l’accès aux financements et la poursuite des réformes engagées.




