L’Union africaine intensifie ses démarches diplomatiques à l’égard des États membres de l’Alliance des États du Sahel, dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques, des tensions persistantes avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et une dégradation de la situation sécuritaire au Sahel.
Selon une communication officielle, la Commission de l’Union africaine a annoncé une rencontre entre son président et le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. Les échanges ont porté sur la situation politique et sécuritaire au Mali ainsi que sur les dynamiques régionales en cours dans la zone sahélienne.
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Les discussions ont notamment évoqué les événements survenus après les attaques coordonnées du 25 avril 2026 attribuées à des groupes armés actifs dans la région, ayant visé plusieurs localités maliennes. Ces violences auraient entraîné des pertes humaines importantes et contribué à une reprise de contrôle de la ville de Kidal par des groupes rebelles, ravivant les inquiétudes sécuritaires dans le nord du pays.
Face à cette situation, le président de la Commission de l’Union africaine a réaffirmé la solidarité de l’organisation envers les autorités de Mali et exprimé son soutien aux efforts de stabilisation en cours.
Les deux parties ont convenu de poursuivre les consultations afin d’accompagner les autorités maliennes dans leurs efforts de stabilisation institutionnelle, de renforcement de la gouvernance et de relance du développement, en cohérence avec les objectifs de l’Agenda 2063.
Dans la même dynamique, la Commission de l’Union africaine a également annoncé une rencontre avec son Haut représentant pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara. Cette réunion a porté sur les évolutions récentes dans la région et sur les initiatives en cours pour favoriser le dialogue et la stabilité.
Le président de la Commission a salué les efforts diplomatiques du Haut représentant, l’encourageant à poursuivre ses actions en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable dans l’espace sahélien.
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans une période où l’Union africaine multiplie les initiatives de rapprochement avec les États de l’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dans un contexte de recomposition des relations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
En parallèle, le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, avait appelé à Ouagadougou à la construction d’un avenir commun entre l’organisation continentale et les pays de l’AES, à l’issue d’un entretien avec le président burkinabè Ibrahim Traoré.
De son côté, le Haut représentant de l’UA pour le Sahel a poursuivi ses consultations régionales, notamment à Abuja au siège de la Cédéao, puis à Freetown auprès du président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la Cédéao.
Ces initiatives traduisent une volonté de maintien du dialogue entre les différentes organisations régionales, dans un contexte de recomposition institutionnelle où les États de l’AES, après leur départ de la Cédéao en janvier 2025, continuent néanmoins d’entretenir certaines formes de coopération technique et économique.




