Terrorisme au Sahel : Le chef de la diplomatie togolaise appelle à dépasser les réponses militaires face au terrorisme

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné lundi la nécessité de dépasser les réponses strictement sécuritaires face…

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné lundi la nécessité de dépasser les réponses strictement sécuritaires face au terrorisme, dans un message relayé par son homologue malien, Abdoulaye Diop.

 

Le chef de la diplomatie togolaise a insisté, lundi 6 avril, sur l’importance d’adopter une approche globale dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel.Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, dans lequel il a mentionné Abdoulaye Diop, Robert Dussey a affirmé que « la lutte contre le terrorisme et la quête de la paix […] ne peuvent se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires ».

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Il a souligné que ces défis « nécessitent également un renforcement des mécanismes d’intégration socio-économique », mettant en avant les causes profondes des crises sécuritaires dans la région.

Le ministre togolais a ainsi plaidé pour une approche combinée fondée sur « la stabilité institutionnelle, l’inclusion sociale et le développement partagé », qu’il juge essentielle pour instaurer une paix durable.

Le message a été relayé par Abdoulaye Diop, traduisant une convergence de vues sur la nécessité d’élargir les réponses face à l’insécurité dans le Sahel.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des déclarations récentes de Robert Dussey. Fin mars, il avait déjà alerté sur les risques liés à une fragilisation de l’Alliance des États du Sahel (AES), estimant qu’un affaiblissement de ce bloc, composé du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pourrait impacter l’ensemble de la région ouest-africaine.

« Pour le Togo, la paix et la sécurité régionales ne peuvent être fragmentées. Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée », avait-il déclaré, défendant le principe d’une sécurité « indivisible ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte d’intensification des initiatives diplomatiques pour maintenir le dialogue sécuritaire au Sahel. Le Représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a récemment multiplié les consultations avec les acteurs régionaux.

Il s’est notamment entretenu à Abuja avec le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, avant d’être reçu à Freetown par le président sierra-léonais, Julius Maada Bio.

En amont, une mission à Bamako avait permis des échanges avec le président de la transition malienne, Assimi Goïta, en présence d’Abdoulaye Diop, autour du maintien des canaux de dialogue avec les autorités sahéliennes.

Le Sahel demeure aujourd’hui l’épicentre mondial du terrorisme, concentrant plus de la moitié des décès liés à ces violences. Malgré une amélioration relative observée en 2025, avec une baisse des victimes dans certains pays comme le Burkina Faso et le Mali, la région reste la plus exposée.

Elle demeure marquée par la présence active de groupes djihadistes tels que le JNIM et l’État islamique au Sahel, ainsi que par des fragilités structurelles persistantes, notamment le faible contrôle territorial, les instabilités politiques et le manque d’opportunités économiques.

Dans ce contexte, la montée en puissance de l’AES vise à structurer la réponse militaire, sans pour autant occulter la nécessité d’une approche plus large, intégrant les dimensions économiques, sociales et institutionnelles.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP