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Burkina Faso: un calme toujours précaire

Par Clotilde CADU Marianne FR - 17/05/2011

Alors que le gouvernement de Blaise Compaoré multiplie les annonces pour apaiser la population (baisse du prix des denrées de base, suppression de taxes…), la tension reste palpable au Burkina.

Les paroles d’apaisement du gouvernement du Burkina Faso suffiront-elles à ramener le calme dans ce pays, secoué par une crise sans précédent depuis bientôt trois mois ? Les premières mesures annoncées par le gouvernement sont entrées en vigueur : lundi, les prix du sucre, de l’huile et du riz ont été revus à la baisse.

Dans une volonté de dialogue, le Premier ministre Luc-Adolphe Tiao s’est rendu jeudi à Koudougou, la ville d’où est partie la vague de contestation en février. A l’instar du pays, la cité « frondeuse » a retrouvé son calme. Une accalmie somme toute fragile : la crise que traverse le pays est si profonde qu’un rien peu à nouveau embraser les rues. Ce week-end encore, des militaires de Pô, dans le sud, ont manifesté leur grogne en tirant en l’air, comme l’ont fait nombre de leurs confrères ces dernières semaines. « Tout le monde est fâché », lâche Hermann Yaméogo, leader de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD). Les étudiants ont été les premiers à manifester leur colère contre l’impunité.

Les militaires, la garde présidentielle, les commerçants, les magistrats, les CRS ou encore les agriculteurs leur ont emboîté le pas, forçant le gouvernement à prendre la mesure des choses. Sans doute un peu tard. « Si les pouvoirs publics avaient calmé le jeu dès le début, il n’y aurait sans doute pas eu de problèmes », explique Hermann Yaméogo.

Depuis 1998 et l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, les crises se multiplient, les rancœurs s’accumulent. Il suffisait d’un détonateur. « Le Burkina Faso traverse une grave crise du fait des revendications démocratiques », note Bénéwendé Sankara, chef de file de l’opposition, leader de l’Union pour la Renaissance / Parti sankariste. « La lutte est dirigée contre l’impunité, la corruption et pour tout ce qui peut renforcer la démocratie », poursuit l’homme, ravi que « le peuple se réveille ». Reste que cette fois-ci, la population ne se contentera pas de paroles en l’air. Tant que les mesures annoncées ne seront pas en place, la crispation durera. « Les gens attendent de voir l’application des mesures. Le problème du Burkina Faso, c’est que beaucoup de grandes mesures sont prises mais n’ont pas d’application », remarque Hervé Taoko, journaliste au Reporter. « Il n’est pas exclu de voir naître de nouvelles crises ».

« On ne peut pas dire que la crise est derrière nous », reconnaît Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso. « Nous travaillons d’arrache-pied pour améliorer les conditions de vie et de travail des Burkinabè ». Le gouvernement jure qu’il a entendu les plaintes de ses administrés et qu’il s’emploie à y répondre. « Nous allons donner confiance en la justice, rendre accessibles les produits de base », promet le ministre des Affaires étrangères. « Le gouvernement a conscience de la situation. C’est un premier pas vers le changement », se félicite Hermann Yaméogo, constatant qu’il reste malgré tout beaucoup de travail à accomplir.

Pour le leader de l’UNDD, il est urgent que la justice soit égale pour tous. Comme il est urgent de séparer les trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Et surtout, s’occuper de cette jeunesse qui se sent abandonnée à son propre sort. « S’en désintéresser, c’est une bombe à retardement ». « On peut faire en sorte que les jeunes prennent part aux décisions, qu’ils soient présents aux conseils municipaux. Il faut aussi mettre l’accent sur l’intégration et l’emploi des jeunes ».

Pour Bénéwendé Sankara, cette crise peut servir à provoquer un choc et se transformer en outil pour l’alternance politique. Un travail à n’en pas douter de longdue haleine : le 30 avril, alors que les 34 partis de l’opposition appelaient le président Compaoré à « dégager », seule une poignée de Burkinabè répondait à la mobilisation, traduisant une confiance plus qu’émoussée à l’égard de l’ensemble de la classe politique.



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