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Burkina-Sénégal: désastre journalistique et diplomatique

Par Karfa Diallo - 13/10/2014

Car ni le Burkina Faso ni l’Afrique ne peuvent s’offrir le luxe de manipulations constitutionnelles permanentes

Que le ministre des affaires étrangères soit dépêché pour éteindre le début d’incendie déclenché par le soutien prêté au président Macky Sall et aussitôt se révèle l’étendue d’un prévisible désastre journalistique et diplomatique inutile et nuisible. On ne sait ce dont il faut le plus se désoler: de la légèreté journalistique ou des réactions quasi pavloviennes que suscite la fausse information selon laquelle le président Macky Sall serait favorable à une nouvelle candidature de Blaise Compaoré à la tête du Burkina Faso. Car en 50 ans, l’hebdomadaire parisien semble n’avoir pas changé dans une approche de l’actualité du continent oscillant entre rumeurs savamment entretenues et ballons d’essai systématiquement rentabilisés par une reprise immédiate des organes de presse du continent.
    © senenews.com
On se demande bien à quel jeu joue Jeune Afrique. En annonçant, dès le lendemain de l’échec «du dialogue inclusif» initié par la classe politique burkinabé autour de la gouvernance, que le président Macky Sall soutenait Blaise Compaoré dans sa quête d’un nouveau mandat aprés 28 ans de rêgne, la rédaction de Jeune Afrique joue avec le feu. A moins que ce ne soient des autorités françaises déroutées par la perspective politique de devoir composer avec les nouvelles ambitions de l’homme fort du Sahel qui a su se rendre indispensable pour assurer la sécurité de la sous-région.

Revenant sur une visite rendue depuis le 12 septembre par Annick Girardin, secrétaire d’Etat français au développement et à la francophone, au président Macky Sall, l’hebdomadaire parisien annonce que le président burkinabé pouvait compter sur le soutien de l’Etat sénégalais dans ses projets de renouvellement d’un mandat interdit par la constitution. Macky Sall aurait «expliqué à ses hôtes français que Compaoré contribue grandement à la stabilité de la sous-région et qu’il est par conséquent préférable de le laisser se représenter en 2015.»

On a peine à croire que l’actuel président sénégalais, qui répugne à la forfanterie politique ou diplomatique, se compromettre dans des déclarations aussi aventureuses qui viendraient exposer et mettre en péril les relations historiques de respect et de solidarité que les peuples sénégalais et burkinabé ont toujours entretenus.

Porté au pouvoir grâce à son opposition résolue au tripatouillage électoral de l’ancien président sénégalais, Macky Sall sait plus que quiconque mesurer l’ampleur de la détermination démocratique d’un peuple et respecter la nécessaire neutralité dans une crise qui concerne avant tout le Burkina Faso et ses fils.

La récession politique qui couve au pays des hommes intègres est suffisamment grave, sa ressemblance avec la précédente crise sénégalaise est si flagrante et ses conséquences si dommageables pour les aspirations démocratiques, que l’ensemble des observateurs, analystes et responsables se doivent à la responsabilité de n’attiser ni les tisons de la confusion ni celles de la haine.

Puisse au moins, pendant ce conflit qui nous éclaboussera indéniablement et dont personne ne peut prédire l’issue, s’ouvrir enfin un nouveau chapitre d’approfondissement de nos démocraties. Car ni le Burkina Faso ni l’Afrique ne peuvent s’offrir le luxe de manipulations constitutionnelles permanentes.
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